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Blog Woldenien de VOL DE NUIT

4 notes

Soniabot : réseaux sociaux communautaires et collectivités

[un petit texte aussi confus que purement théorique écrit en état de semi-insomnie entre 5h et 8h du mat]

Une très belle étude (comme d’hab) de Loic Haÿ sur les réseaux sociaux et les collectivités locales : http://tweetalink.com/go/h2wQ
Le petit slideshow est pas mal intéressant. Les slides 10 et 12 résument assez bien l’esprit et le rôle du projet soniabot : “Le web est devenu un espace de socialisation peuplées de personnes bien réelles reliées entre elles. Elle peuvent échanger et agir dans un continuum relationnel qui hybride espaces physiques et numériques” et “Les contenus et services disponibles sur la toile sont devenus des objets médiateurs entre les personnes”.

D’abord j’aime bien cette notion de “wikiorie”(je viens d’inventer ce truc-là ne sachant pas comment nommer la chose… or “mal nommer les choses c’est contribuer au malheur du monde” dixit Camus) où une pensée théorique globale et systémique s’organise par petites touches, auteurs par auteurs, blogs par blogs, posts par posts - on n’est plus à l’époque des “grands penseurs” où une théorie complexe germait dans une seule tête en tant qu’oeuvre d’une vie entière - même si les derniers en date, les Foucault, Deleuze et autres Bourdieu finissent par nous manquer quand on entend l’indigence conceptuelle d’un Finkelkraut ou d’un BHL - une pensée donc qui se construit, s’élabore et s’affine peu à peu - “wikiorie” proposant de “wikifier” - individualiser, collectiviser - le “théo” désormais absent de la “théorie” - (je ne devrais pas me lever à l’aube) - par petites touches et qui finit, comme le fait Wikipedia dans le registre encyclopédique, par former un savoir à la fois complet et pertinent - autrement plus pertinent que les saillies anti-internet des penseurs d’un monde révolu - mais aussi et surtout actualisé, actualisable et actualisant - la pensée d’un aujourd’hui qui se pense comme étant aujourd’hui - le tout venant former un savoir extrêmement complexe puisque formé de myriades de micro-contributions toutes riches du background qui les forme - là où, avant, un seul environnement conceptuel (le cerveau du penseur) émettait une seule pensée - je pense notamment à cette approche assez riche que j’ai croisée il y a quelques semaines, un jeune étudiant américain qui pose une lecture foucaldo-derridienne sur le web avec des concepts forts comme celui de “technologie de soi” qui, à mon avis, ouvre des perspectives de pensée assez incroyables. Bref. Retour au slideshow de Loïc Haÿ.

Le web est devenu un espace de socialisation peuplées de personnes bien réelles reliées entre elles. Elle peuvent échanger et agir dans un continuum relationnel qui hybride espaces physiques et numériques
L’argument couramment opposé au(x) monde(s) numérique(s) est celui de la virtualité - et donc de la “fausseté” supposée - des relations qui s’y nouent. A quoi s’opposerait la “vérité” d’une relation directe, non-médiatisée, entre les êtres. Ce présupposé qui sous-entend qu’en direct dans le monde physique il n’y aurait pas de médiatisation relationnelle est tellement inconsistant qu’on va pas s’y arrêter. Que ce soit en un monde physique ou numérique, les relations entre les êtres réels sont toujours des résultats de socialisation via des process de médiatisation. Quand le média n’est pas numérique il est d’une autre nature (culturel, ethno, religieux ou tout ce qu’on voudra) mais il y a toujours une grille qui vient s’interposer entre deux êtres qui échangent. Quand le média est numérique, cela n’ “irréalise” pas pour autant l’interlocuteur : ça place la relation qui se noue d’être réel à être réel dans un environnement spécifique, aussi spécifique que tout autre type de relation. Une des spécificités de cet “environnement relationnel” est d’abolir la contrainte d’espace et de temps. On n’a pas besoin de la présence physique de l’autre au même endroit et au même moment pour que la relation s’engage, se poursuive et s’enrichisse. Les notions de “temps et d’espaces immédiatement communs” qui pouvaient spécifier un certain type de relations non-numériques sont remplacés par un “continuum relationnel”(c’est la relation qui est au centre du dispositif) utilisant tous les espaces et tous les temps disponibles, numériques ou physiques, en les “hybridant”.
Sonia, en tant que robot numérique reliant les “êtres communiquants”où qu’il soient numériquement/physiquement

(web, mobiles, metavers,… chez eux, dans le TGV,…) s’inscrit dans cette relation en se proposant comme “support virtuel”.

Les contenus et services disponibles sur la toile sont devenus des objets médiateurs entre les personnes”.
Le dispositif de médiation en oeuvre dans toute relation d’être à être est toujours un objet. Dans le cas d’un échange marchand c’est la marchandise, sous la forme de sa contre-valeur en argent, qui “supporte” la relation entre le commerçant et le client. Dans le cadre d’une relation numérique c’est tout naturellement l’objet (contenu ou service) numérique disponible qui remplit la fonction. Mais dans le cadre d’un échange social en réseau, où est la “valeur médiatrice” ? Elle est dans l’échange lui-même. Autant dans l’acte commerçant la valeur d’un objet/service (son prix) est déterminée par un marché (offre et demande), autant la valeur d’un “objet social numérique” est déterminée par sa capacité à devenir plus ou moins “échangeant” : plus l’objet est capable d’échanger (plus vite, plus fort, plus précisément, plus etc.) plus il accumule de valeur. La dichotomie traditionnelle entre “valeur marchande” et “valeur d’usage” (combien valent les choses vues de l’usager ou vues du marché) pourrait s’estomper au profit d’une “valeur d’échange” dont les critères d’évaluation seraient fondés sur des “capacités à échanger”. Ces capacités, tant que le monde n’était que physique, se limitaient à des choses matériellement quantifiables. Dans un univers à la fois physique et numérique, l’interopérabilité (la capacité qu’à un contenu ou un service à passer d’un monde à l’autre - réalité augmentée par exemple - ou à rester utilisable d’un système à l’autre - dans un monde virtuel, sur un téléphone, etc.) devient créatrice de valeur. C’est cette capacité à rester utilisable d’un système à un autre qui, en garantissant le “continuum relationnel” (je n’ai pas à changer d’outil pour changer de réseau/de groupe) vient garantir l’ajout de valeur.
Soniabot, en tant que “provider” interopérable de supports d’échange multimodaux, est un outil de création de valeur. En tant qu’outil de liaison entre “êtres communiquants” il garantit le “continuum relationnel collectif” (et non plus P2P, d’individu à individu) au sein d’une communauté. C’est l’expérience qui est actuellement menée dans le cadre de”Ville spatiale” avec Marc Moana/Marc Drieux. Cette ville virtuelle pourrait tout aussi bien être une ville réelle où un outil de liaison numérique serait mis à disposition de chaque résident, ou d’une école/université pour chaque élève/étudiant. Couplé - parce que Soniabotest conçu pour ça dès le départ - à une duplication 3D en monde virtuel type SecondLife ou Opensim on obtient un “continuum relationnel qui hybride espaces physiques et numériques”…

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